Les activités humaines à Puy-Saint-André et aux alentours




Commerce du bois et déforestation

Radeliers assurant le transport du bois sur la Durance

Durant le XVIIème siècle, le Dauphiné va connaître une période de destruction de sa forêt. L’utilisation massive du bois s’est accélérée à cette période pour plusieurs raisons.
L’augmentation de la population a engendré des besoins plus importants en nourriture ce qui a conduit à une augmentation de la production agricole via l’agrandissement des terrains agricoles. Cet agrandissement s’est fait par défrichage des parcelles de bois. De plus l’usage des forêts sous forme de pâturage pour les animaux accroissait aussi le déboisement.Mais l’accélération de la déforestation est surtout liée au développement d’industries très gourmandes en énergie (forges, fourneaux, martinets, verrerie) et du commerce (les scieries fournissent les villes et la marine en bois via la Durance).
Enfin un dernier facteur très local a accéléré ce phénomène, l’entretien des troupes à la frontière avec l’Italie (bois de chauffage et surtout de construction de fortifications par Vauban).
Ce déboisement a pour conséquences d’aggraver les effets des phénomènes naturels (avalanches et inondations) et d’augmenter le coût du bois devenu rare (ce qui expliquera l’ouverture des mines).
En 1699 puis en 1725, le Roi ordonne la « réformation des Eaux et Forests de la province de Dauphiné » afin de lutter contre la déforestation.

Il est à noter que dans le Briançonnais, ce phénomène de déboisement reste moins important qu’ailleurs notamment du fait de la protection dont jouissent les forêts communales : Depuis 1322, la communauté du Briançonnais a établi ses propres règlements. Ces embannements* permettent la protection des forêts communales, les habitants devant alors s’approvisionner en bois dans les communautés voisines. Registre d'écrou Jean-Simon BARNEOUD ROUSSET

Ci-dessus le registre d'écrou de Jean-Simon BARNEOUD ROUSSET, condamné pour coupe et enlèvement d'arbres dans une forêt communale en 1878.

*embannement = lieu où il est interdit d'abattre des arbres


La mine

De tout temps, l'activité minière a existé dans la région. Ainsi en 1446 le Dauphin alberge (= accorde l'exploitation contre redevance) à Hugues Baile toutes les mines du Briançonnais et ouvre une exploitation de fer dans la vallée de la Guisanne. Mais au cours des XVIIIème et XIXème siècle, l’activité minière dans le briançonnais va connaître une expansion importante en particulier en ce qui concerne le charbon. Cela résulte de plusieurs facteurs dont :

  • La déforestation opérée au siècle précédent qui a réduit les ressources disponibles
  • La fortification de Briançon suite au traité d’Utrech (1713) qui entraîne un besoin important de charbon (en plus d'être utilisé pour le chauffage domestique, c'est surtout un combustible essentiel à la fabrication de la chaux nécessaire dans la construction)

La particularité des mines du briançonnais est, qu'en grande majorité, ce sont des mines paysannes. Elles sont exploitées par des paysans durant l'hiver, période durant laquelle les travaux aux champs sont limités. Certaines sont restées en activité jusque dans le seconde partie du XXeme siècle.
Les mines de Puy-Saint-André étaient des mines communales. C'est à dire que que l'extraction de charbon était autorisée si sa vente auprès des habitants de la commune était effectuée à un tarif raisonnable. Elles produisaient environ 25 tonnes/an d’anthracite (annuaire des hautes alpes 1884) soit quasiment rien et de mauvaise qualité.
Aucune trace de ces exploitations n'ont été identifiées e à Puy-Saint-André. Cependant, aux alentours, il est encore possible de voir des vestiges de cette activité (wagonnets, rails...). Wagonnet laissé sur place (Villar-St-Pancrace)

Le sujet des mines dans le briançonnais est très riche. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site de la Société Géologique et Minière du Briançonnais (SGMB), ainsi que les publications de Jean-Louis Tornatore comme Les mines de charbon du Briançonnais ( XVIIIe - XXe siècle).
Le livre Les paysans-mineurs du Briançonnais permet aussi d'appréhender le quotidien de ces mineurs.

Les accidents

Evidemment, l'extraction se faisait avec des moyens artisanaux et la sécurité des personnes n'était pas vraiment la priorité. Les accidents étaient fréquents. Parmi les mineurs qui en ont fait les frais, on trouve trace de Joseph Augustin HERMITTE et Nicolas CHAUCHET dans les journaux.


Jean Laurent BARNEOUD CHAPELIER et la Combarine

A l'inverse des mines de paysans-mineurs sous concessions communale, Jean Laurent BARNEOUD CHAPELIER a travaillé 14 ans à la mine de Combarine, la seule mine du coin appartenant aux charbonnages du Sud Est.
Ces quatorze année de travail sont résumées dans le certificat ci-dessous. Il est à noter en particulier les années 1924 (345 jours travaillés) et surtout 1920 avec 364 jours travaillés! Certificat de travail de Jean Laurent BC

Cependant, le fait de ne pas avoir ses 15 ans de service, a empêché sa veuve Eugenie Benine BARNEOUD ROUSSET de toucher la moindre pension de réversion...

Et aujourd'hui

En construction

Il semblerait qu'aujourd'hui, de très nombreuses parcelles de terrain sont baptisées "sans maître" par le conseil municipal. Avec l'incendie de 1927, de nombreux titres de propriété ont disparu. Actuellement et faute de suivi par le fisc (impôts fonciers non recouvrables) Monsieur le Maire les classe sans maître et les récupère au détriment des héritiers présomptifs et les revend aux nouveaux habitants...
Les quelques citoyens encore de souche se considèrent très justement spoliés alors que le fisc possèderait toujours les noms des anciens propriétaires via des documents qui ne peuvent même pas servir pour ceux qui voudraient régulariser leur situation d'héritiers!
Je vous laisse consulter les informations données par la mairie : Biens vacants sans maître .


La Schappe

Carte postale de l'usine de la schappe

Le traitement de la soie génère une quantité importante de déchets (cocons « anormaux », bouts de fils…). Le coût élevé de matière première a entraîné de tout temps des tentatives de récupération et de valorisation des déchets de la soie. L’ensemble de ces traitements est nommé la « schappe ».
Souvent effectuée sur les lieux mêmes de production, la schappe va se développer jusqu’à devenir une industrie à part entière au cours du XIXème siècle et la proximité du Piémont (principal fournisseur de matières premières à l’époque) explique sans doute la présence de cette activité dans les Alpes. Ainsi vers la fin du XVIIIème, on trouve trace du travail (manuel) des déchets de soie dans les Alpe, à l’atelier de charité* de Saint Jean de Maurienne ou à la maison centrale d’Embrun.
Par la suite, cette activité va aussi faire partie des taches effectuées par les paysans à domicile durant les mois d’hiver. En 1842, s’installent à Briançon, les premiers établissements de traitement de la schappe. Ceux-ci vont rapidement se développer et se mécaniser.
* Ateliers de charité : Établissements qui durant l’ancien régime fournissaient un travail aux indigents.
Les usines de la schappe de Briançon compteront jusqu’à un millier d’ouvriers (dont des enfants). Ces ouvriers étaient issus principalement de Briançon et des villages environnants.
Puy-Saint-André n’échappait pas à la règle.
Ainsi, jusqu’à son départ sous les drapeaux lors de la première guerre mondiale, Félix François BARNEOUD ROUSSET (1885-1972), natif de Puy-Saint-André, était ouvrier dans l'industrie de la schappe.
Cependant, cette main d’œuvre étant insuffisante (en particulier les paysans qui travaillaient à l’usine uniquement l’hiver), on fit aussi appel à l’immigration italienne (principalement composée de femmes logées dans une cité ouvrière construite en 1875).
La création d'un syndicat ouvrier en 1907 va entraîner un certain nombre de provocations de la part des dirigeants de l'usine. Ainsi, le directeur refusera de recevoir une délégation d'ouvrier ce qui entraînera une grève particulièrement dure qui prendra fin le 2 Mai 1907. La direction accorde les augmentations de salaires demandées mais le syndicat disparaît. Manifestation à l'usine de la schappe La concurrence (principalement japonaise) et l’arrivée de la soie synthétique signent la fin de l’activité à Briançon. L’usine ferme définitivement en 1933.
Laissé à l’abandon, le bâtiment principal a été détruit par un incendie en 2014. Seuls les murs subsistent aujourd’hui et si son accès est interdit au public, le lieu garde ses adeptes (la chute de 4m d’une ado en 2018 le démontre). L'incendie de la Schappe


Les prés de lin

Ce sujet des prés de lin aurait pu être abordé dans quasiment toutes les pages du site puisqu'il concerne le patrimoine naturel de la commune et son histoire... J'ai décidé de l'intégrer dans cette page liée aux différentes activités de la population de Puy-Saint-André.

Le lieu




Après le fauchage

Les photos ci-dessous nous montrent le travail effectué durant la semaine après le fauchage quand le foin était sec.




Les partias

Les Partias correspondent au deuxième plateau situé au dessus des Prés de Lin.
C'est le lieu où les clusurières (génisses) passaient le temps de l’alpage. Aujourd’hui ce sont des bergers qui s’en occupent sous le contrôle de la famille Marcellin. Alors qu'au début du XXeme siècle, c’étaient les paysans qui allaient les garder à tour de rôle.
C'est sur ce plateau que se trouve la cabane du berger.




La cabane du berger

Les photos ci-dessous sont prises devant la cabane du berger à côté du lac.




Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM)


La Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, dont le nom est souvent réduit en Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), a été créée en 1857. Son activité va perdurer jusqu'en 1938, année de sa nationalisation à l'occasion de la création de la SNCF (Société Nationale des Chemins de Fer Français).
La PLM a sans doute été la compagnie ferroviaire française la plus importante de son époque, permettant de relier Paris au Sud-Est de la France qui devient à cette époque une terre de tourisme.
Les affiches publicitaires éditées par la PLM ont contribué à ancrer dans l'inconscient collectif une certaine image des villes desservies par la compagnie.

Plusieurs habitants de Puy-Saint-André ont travaillé pour la PLM.
C'est le cas de :
Pierre BARNEOUD ROUSSET ouvrier au chemin de fer à Briancon à la fin du XIXeme siècle.
Raymond Philogène BARNEOUD ROUSSET (fils de Pierre) à Briancon avant et pendant la grande guerre puis à Miramas.
Ferdinand Jean Alexandre BARNEOUD ROUSSET, manoeuvre à la PLM durant les années 1920 en Isère.
Auguste André Aimé FERRUS, employé à la PLM dans l'immédiat après guerre avant de quitter les Hautes-Alpes pour Port-Saint-Louis-du-Rhône puis Saint Chamas (où il devient poudrier).
Louis Gustave BARNEOUD ARNOULET, manoeuvre à la PLM à partir de 1919 (après avoir été poudrier à Saint Chamas et mineur pendant la guerre).




Le chalet hotel PLM du col du Lautaret


En parallèle de son activité de base, la PLM se diversifie via la construction d'hotels et l'exploitation de lignes d'autocars les desservant.
C'est le cas au col du Lautaret où un chalet hotel PLM est construit en 1914 et restera en activité jusqu'aux années 50. Un incendie détruira le batiment.




La gare de Briancon

La gare de Briancon a vu passer son premier train le 15 septembre 1884. Initialement prévue au champ de Mars, la gare a été construite près de l'usine de la Schappe dans le quartier Sainte-Catherine.
Un dossier a été publié en 2018 sur le sujet par la SGMB (Société Géologique et Minière du Briançonnais)
A côté de la gare, la compagnie PLM va faire construire un hotel pour accueillir les visiteurs : le terminus.




Miramas

Miramas a fait partie des tous premiers sites choisis pour héberger une gare dans le cadre du projet de ligne Paris-Lyon-Marseille.
Afin de loger ses employés, la compagnie va ériger des cités ouvrières dès la fin du XIXeme. La cité "capitaine" est la première à sortir de terre. Elle sera suivie par d'autres "cités PLM" (puis plus tard cités SNCF) durant le XXeme siècle.
La cité "Mercier" sera construite dans les années 1920.
Ces logements verront passer des cheminots originaires de Puy-Saint-André comme Raymond Philogène BARNEOUD ROUSSET et Louis Gustave BARNEOUD ARNOULET cités plus haut.
Ce dernier a débuté sa carrière au sein de la PLM à l'âge de 20 ans. Il est manoeuvre à Pont-de-Cervières lorsque la guerre éclate en 1914. Après la guerre, il retrouve son emploi. Il déménagera quelques années après à Miramas au sein de la cité Mercier.




La foire de Briancon : De Puy-Saint-André au Champs de Mars...


Comme tous les habitants des vallées, ceux de Puy-Saint-André vendaient et achetaient leur animaux à la foire de Briançon. Le Champ de Mars, bien avant les Escartons, était le lieu de toutes les transactions. Là, acheteurs et vendeurs se retrouvaient régulièrement.
A Puy-Saint-Pierre la famille Chancel faisait le commerce des animaux d'élevage. Je me souviens avoir rencontré plusieurs fois un personnage, alors que j'accompagnais mon oncle François FAURE GEORS. ils faisaient des affaires ensemble, je veux parler d'un maquignon remarquable, Monsieur Balthazar CHANCEL. C'était un personnage typique. Dans sa blouse, il avait toujours une liasse de billets de banque. Son portefeuille était attaché avec une chaîne. Très impressionnant pour un gamin que j'étais. Sa fille Fernande (1923-2018) épouse ARNAUD me racontait que son père faisait du commerce jusqu'à Paris et une nuit dans le train il s'était fait détrousser. Il faut aussi savoir que lorsqu'une transaction était réalisée elle était habituellement bien arrosée...
Fernande me racontait aussi que le curé du village ne voulait pas baptiser son père parce que Balthazar, ce n'était pas un nom de Saint mais celui d'un roi mage!
Au Pinet il y avait deux cafés de chaque côté de la route. Et pour ne pas faire de concurrence déloyale les gens avaient l'usage de faire travailler les deux bistrots. Comme la circulation des habitants des Puys se faisait principalement à pieds, un sac tyrolien sur le dos, les deux bistrots incitaient fortement les gens de Puy-Saint-André à y faire une halte pour s'y rafraichir et boire une chopine ou un canon. En descendant à droite c'était chez Yvonne et Raymond HERMITTE (1923-2013) et à gauche chez Marie CHANCEL et Alphonse Augustin BARNEOUD ROUSSET (1889-1976) , deux bistrots-épiceries où les enfants des Puys pouvaient acheter quelques friandises. C'était pour eux, leurs cavernes "d'Ali Baba", où ils pouvaient dépenser leurs rares pièces jaunes...Souvent, les gens de Puy-Saint-André y faisaient leurs courses "de proximité" et ne descendaient pas jusqu'à BRIANÇON. Deux endroits attachants où se tissaient le réseau social des Puys. Des lieux utiles à une population certes pas bien riche mais heureuse. Ces citoyens là acceptaient les épreuves et la réalité des choses, ils recherchaient ensemble, dans le respect mutuel, les solutions pour affronter les épreuves de leur vie rurale.
JLBC.







Mères nourricières et enfants abandonnés


Lors du rencensement de 1861, la commune de Puy-Saint-André comptait 645 habitants répartis en 124 ménages. Parmi cette population, on compte 20 enfants pour lesquels il a été indiqué dans le registre : "Enfant en nourrice" avec la précision "de l'hospice de Marseille". Ce nombre particulièrement important d'orphelins placés en famille d'accueil dans le village n'est pas spécifique à cette année là. On retrouve les mêmes proportions dans les documents relatifs au recensement précédent (1856).
Une différence tout de même, en 1856, tous les enfants concernés ne viennent pas de l'hospice de Marseille et cinq d'entre eux sont indiqués "trouvés".

Quelle que soit la "catégorie" à laquelle ils ont été rattachés, ces enfants ont été placés auprès d'une famille de Puy-Saint-André qui, contre rétribution, a la charge de s'occuper de lui. La mère de la famille en question devient la mère nourricière (et par extension, le père de famille devient le père nourricier). Cette activité semble avoir été assez répandue dans les Hautes-Alpes et contribuait au revenu du foyer.
Dans les familles d’accueil où des enfants étaient élevés ensembles, ces enfants étaient aussi désignés comme des "frères ou soeurs de lait". Cette expression courante jusqu'au milieu du XXème siècle décrivait très bien la situation administrative et l'absence de lien du sang . Cela désignait aussi tous les enfants accueillis et élevés dans une même famille. D'ailleurs bien qu’ils étaient nécessairement élevés contre rétribution, on retrouvait souvent des liens très fraternels qui unissaient ces gens là.
Les abandons d'enfant ont de tout temps existé mais leur nombre semble avoir augmenté à partir du XVIIème siècle (ou en tout cas le nombre d'abandons identifiés). En effet à partir de cette époque, l'accueil des enfants abandonnés s'organise avec par exemple la mise en place de "tour d'abandon" au sein des hospices. Ces "tours" sont des boîtes installées dans le mur de l'hospice qui permettent de déposer un enfant qui va être récupéré par les religieuses sans qu'elles puissent voir la personne qui l'y a déposé.
La mise en place de ce genre de système a sans doute contribué à augmenter le nombre d'enfants abandonnés mais a surtout permis d'en sauver beaucoup en les prenant en charge rapidement (et en limitant peut être aussi les infanticides).
Dans tous les cas, on peut constater qu'au XIXème, les abandons d'enfants sont nombreux et sont regroupés en plusieurs catégories parmi lesquelles on trouve :

  • Enfants abandonnés : Né dans un hospice et abandonné par sa mère
  • Enfants assistés : Les parents sont connus mais dans l'incapacité de s'occuper de leurs enfants (manque de ressources, hospitalisation, détention...), les enfants sont placés sous la protection publique.
  • Enfants trouvés : Enfants abandonnés dont on ne connait pas les parents (souvent déposés dans un tour d'hospice)
Concernant le cas des enfants trouvés, on en connait rarement le prénom (parfois une indication est laissée) et quasiment jamais le nom de famille. Dans ce cas, on en attribue un à l'enfant et pour plus de facilités, c'est souvent un deuxieme prénom qui lui est attribué en tant que nom de famille.


Parmi les raisons de l'abandon, on retrouve souvent la pauvreté mais aussi les naissances hors mariage (enfant naturel). Ci-dessous quelques cas retrouvés d'enfants placés dans des familles de Puy-Saint-André.



Adeline Victorine BERT

Adeline Victorine BERT est née en 1875 à Puy-Saint-Pierre de père inconnu. Elle sera rapidement confiée à la famille d'Augustin BERMOND FERRET à Puy-Saint-André. C'est ce dernier qui déclarera, en janvier 1876, le décès de l'enfant qui lui avait été confié.
Il semble que cette même année 1876, la mère d'Adeline Victorine se soit mariée à Volx (04) avec Jean Baptiste Stanislas NOIROT.



Auguste Marie Joseph WIRAMUS et son père nourricier

Auguste est né en 1875 à Marseille, fils d'Eugénie WIRAMUS (lingère de 19 ans) et de père inconnu.
Durant son adolescence, il va rejoindre la famille d'André BERMONT GONNET qui devient son "père nourricier".
C'est par ce terme qu'André BERMONT GONNET est désigné lorsqu'il est témoin au mariage de son fils (adoptif) Auguste. Ce dernier est indiqué comme "fils nourricier" lors du recensement de 1896.




Victor EYMARD

Le 21 Octobre 1871, c'est en tant que père nourricier que Joseph André BARNEOUD CHAPELIER s'est présenté auprès du maire de Puy-Saint-André pour lui déclarer le décès de Victor EYMARD âgé de 5 mois, natif de Marseille, fils de Félix sans "autres renseignements".
Ci-dessous l'acte d'etat civil relatif à son décès. Extrait de l'etat civil 1871
Ce même jour (21/10/1871), c'est un autre enfant, Charles GUY, natif de Marseille, de père inconnu, qui décèdera auprès de sa mère nourricière Marguerite RICHARD. Il était âgé de 5 ans.



Francoise Louise DAVILA

Francoise Louise DAVILA est née à Marseille le 24/11/1848 de parents inconnus. Elle rejoint Puy-Saint-André et va passer son adolescence au sein de la famille d'Hilaire BARNEOUD ROUSSET (déjà cité plusieurs fois sur ce site, car maire de PSA et décoré de la médaille d'honneur).
Francoise Louise va épouser en 1884 David ESCALLE, natif de Poligny, agent forestier à Puy-Saint-André et veuf depuis deux ans. A cette occasion, Francoise Louise devient la belle mère de Valentin ESCALLE qui émigrera aux états unis.



Rhabilleur de meules

Le rhabillage (ou repiquage) des meules fait partie des métiers aujourd'hui disparus. Cette activité consistait à entretenir les meules actionnées à l'intérieur des moulins.
En effet, dans un moulin, chaque meule est striée de rayon et au fur et à mesure que le temps passe, la meule s'use et les rayons sont de moins en moins profonds. Il faut alors "rhabiller" la meule.
Pour plus d'informations sur cette activité, vous pouvez consulter ce site : AETA - Archéologie Expérimentale et Techniques Anciennes.
Il semble que ce travail nécessite un savoir faire important ce qui rend le nombre de rhabilleur réduit. On en trouve un parmi les BARNEOUD de Puy-Saint-André, enfin pas tout à fait de PSA... En effet, Vincent Fernand BARNEOUD CHAPELIER est né à Briancon tout comme son père (c'est son grand père Alexandre né à PSA qui s'y était installé au début du XIXème).
Vincent Fernand était donc rhabilleur de meule au début du XXeme siècle. Parce que cette activité ne lui convenait pas ou pour une autre raison, il va s'engager dans l'armée dès l'âge de 18 ans et pour 5 ans. Il sera envoyé au Tonkin (Vietnam). A son retour, il s'installera à Marseille.




Construction de la route de Piolier

En 1942 démarre la construction de la route de Piolier pour atteindre les chalets d'alpage de Ratière au dessus du hameau de Sachas.
A l'époque, il y avait encore très peu d'engins de travaux publics, les anciens ne pouvaient qu'utiliser "de l'huile de coude". Un exemple d'une valeur importante, le temps de l'entraide entre voisins:
- Une partie de l'équipe venait de Puy Saint André.
- Tous les autres participants étaient de Sachas.
Merci à Jean Laurent BC pour ces éléments.

Equipe des durs de la route
De gauche à droite : - Marcel Guille de Puy Chalvin (1922-1996), Marius BARNEOUD , Jean GALLICE, - Maurice Laurent Gaillard (1916-1994) (entre les deux?, Jeannot DIDIER , - Paul BR (1920-1981) dit Paul de Rock . accroupis : à gauche Paul BC (1918-1979) et à droite : Joseph GAILLARD
Equipe des durs de la route
De gauche à droite : Paul BR , les deux à côté ? , ? , puis derrière Jean GALLICE, devant Jeannot DIDIER (ça fait 5 à gauche), au milieu Joseph GAILLARD et à droite derrière Marius BARNEOUD, devant lui avec les bretelles Paul BARNEOUD CHAPELIER, et devant lui ?.



Les Combes sa fruitière et son vallon jusqu'en 1961

Depuis plusieurs siècles, nos anciens, tous agriculteurs, s'étaient organisés pour exploiter ce vallon des Combes avec les moyens de leur époque et une main-d'oeuvre familiale. Sans ménager leur peine, Ils étaient fiers de leurs alpages, pour eux leur vraie richesse. Ils savaient que leurs voisins en revendiquaient la propriété (la guerre des Combes de 1311 à 1793). Ils se sont battus contre Prelles et leurs droits ont toujours été reconnus par la justice.
Ils ont créé la "fruitière des Combes", opérationnelle jusqu'au début de la deuxième guerre mondiale, avec celle de Puy Saint André. On y fabriquait le fromage de Saint André riche et savoureux, semblable au gorgonzola et très apprécié dans tout le Briançonnais.

Après 1945, l'existence de la fruitière des Combes justifiait encore la présence d'une vingtaine de montagniers. L'un des 3 troupeaux appelé "les semanes" produisait le lait. Cette production était destinée à la grande laiterie de Briançon.
Après la traite du matin et du soir la fruitière (une cabane en bois) recevait toute la production des différents chalets. A l'accueil, les bidons étaient pesés par un agent peseur, Paul BR (1920-1981) dit Paul de Rock , le dernier fruitier que j'ai connu. Une fois la traite du soir terminée, il versait le lait dans de grands bidons qu'il plongeait dans l'eau fraîche du "batchè" toute la nuit.
Après la traite du matin, de bonne heure, Antoine XAURA ou Henri GASTALDI avec une jeep attelée d'une remorque venait chercher la production journalière pour le compte de la fromagerie Pierre GRAVIER de Pont de Cervières. En tant que grossiste, cette fromagerie, au bord de la Cerveyrette, confectionna des meules de fromage jusqu'en 1961.
Entre 1959 et 1961, une partie des montagniers conclurent des accords avec Albert CHANCEL du Pinet qui exploita provisoirement les prairies à leur place. Celui-ci, avec son camion bâche Citroën U23 fit alors le transport du lait pour Pierre GRAVIER ainsi que le taxi pour les derniers montagniers.
Jusqu'en 1961, les cultivateurs des alpages entretenaient leurs parcelles comme le feraient des paysagistes. Ces bons jardiniers soignaient chaque pré comme une pelouse de gazon naturel. Les moindres petites pierres étaient ramassées et entassées sur des clapiers toujours visibles jusqu'aux fonds des Prés de lin.Tous ces tas de cailloux ne sont pas créés par la nature, ils sont bien les vestiges du travail de l'homme car il était très désagréable de donner des coups de faux sur une pierre égarée. Une lame ébréchée rendait le fauchage trop difficile et moins efficace. Alors, le temps perdu à "enchapler" la lame s'ajoutait à celui perdu pour se rendre à pieds depuis le village jusqu'au lieu du travail.

Texte de Jean Laurent BC

Aujourd'hui, la ferme de l'espérance installée à Puy-Chalvin produit des fromages de chèvre. Ferme de l'esperance