Histoire de Puy-Saint-André




Histoire et toponymie

La via Domitia

Surplombant Briancon et la via DOMITIA, les villages étaient nommés « Universitas Podiorum » par les romains ce qui peut se traduire par « l’ensemble des puys ». Le mot latin « Podium » à l’origine du nom Puy signifie « hauteur », « sommet arrondi ».

Derrière le nom Universitas Podiorum, se regroupent quatre hameaux :

  • Puy Chalvin
  • Puy-Saint-Pons (qui deviendra Puy Richard)
  • Puy Brutinel
  • Puy Saint Pierre
carte de la Haute Durance

Ces 4 hameaux ne formaient qu’une seule communauté et qu’une seule paroisse jusqu’en 1456. Le 23 avril 1456 est érigée la paroisse de Puy-Saint-André composée de Puy Chalvin et Puy Brutinel détachés de la paroisse de Puy Saint Pierre. Puy Richard reste rattaché à Puy Saint Pierre. Il est à noter que durant quelques années, après la révolution, le nom de Puy Brutinel sera rétabli avant de laisser définitivement la place au nom actuel de Puy-Saint-André. Signification des noms des lieux composant Puy-Saint-André (d’après le dictionnaire des noms de lieux et noms de familles des Hautes Alpes d’André Faure) :

  • Chalvin : Cela désigne un chauve (Même sens que chauvin)
  • Brutinel : Issu de l’occitan BRUT qui désigne quelqu’un de méchant/sale (au propre comme au figuré) suivi des suffixes diminutifs IN et EL
Bref, la commune de Puy-Saint-André semble composée de chauves et de petits crasseux... Une dernière précision, au début du XXème siècle, un moulin (hydraulique) de la commune portait encore le nom de « Brutinel » (Étymologies des noms de lieu du département des Hautes Alpes par Joseph Roman en 1904)


Le blason de Puy Saint André

Blason de Puy-Saint-André

Les armes de Puy-Saint-André se blasonnent de la manière suivante : D'argent au sautoir de sinople, cantonné de quatre dauphins du même barbés, crêtés, lorrés, oreillés et peautrés de gueules.


La république des escartons

Carte du grand escarton

Dès le XIIIème siècle, on trouve trace d’une organisation avec des représentants élus afin de représenter leurs territoires. Ainsi en 1272, la communauté des Puys envoie ses syndics la représenter lors des discussions relatives à un différend avec la communauté de Saint Chaffrey. Parmi ses syndics se trouve évidemment un BARNEOUD (Pierre). La grande charte des escartons

Ces différentes communautés élisent parmi leurs habitants des consuls pour un an et non rééligible avant 5 ans (ca fait rêver ;) qui vont gérer les affaires de la commune.

En 1343, Humbert II, dernier dauphin de Viennois (1312-1355) est financièrement aux abois. Afin de sortir de cette situation, il cède un certains nombres de droits aux représentants des communautés contre une rente annuelle.

Cette transaction est enregistrée dans la grande charte des escartons (document visible aux archives de Briançon et en copie dégueulasse ci-contre), signée le 29 Mai 1343 entre le seigneur et les représentants des communautés. Le terme d’escartonnement correspond à la répartition de cette rente entre différents groupes. Ces groupes sont nommés les escartons et correspondent aux 5 groupes de vallées :

  • L'escarton de Briançon, groupant 12 communes (Puy Saint Pierre et Puy-Saint-André sont alors regroupées)
  • L'escarton du Queyras, groupant 7 communes
  • L'escarton de l'Oulx, groupant 21 communes
  • L'escarton de Valcluson, ou Pragelas, groupant 7 communes
  • L'escarton de Château-Dauphin, groupant 4 communes

L’ensemble est nommé « Le grand Escarton » Les communautés de l'escarton de Briançon, sont : Briançon, Vallouise, le Monêtier, Saint Chaffrey, la Salle, Saint Martin de Queyrieres, les Villards Saint Pancrasse, le Val-Després, la Vachette, Nevache, Cervieres, le Puy-Saint-André & le Puy Saint-Pierre.
Cette charte va ouvrir la voie à un statut spécifique pour ce territoire lui accordant une grande autonomie qui durera jusqu’à la révolution malgré les changements de régime.
>En effet, 6 ans après la signature de la charte, en 1349, Humbert II, n'ayant pas de fils, cède le Dauphiné au fils du roi de France. (qui devient de dauphin).
Cela n’a que peu d’impacts pour les escartons qui continuent à jouir de leurs avantages : droit de chasse et de porter des armes pour les habitants, droit de justice (même après l’abolition des justices municipales en 1556), usage de monnaies étrangères (pourtant interdites dans le royaume de France)…
Cette situation perdurera jusqu’en 1713 et la signature du traité d’Utrecht. Par cet accord, Louis XIV cède au Duc de Savoie les escartons d’Oulx, du Valcluson et de Château-Dauphin. La scission en deux du territoire marque la fin des escartons.
La relative autonomie liée aux escartons et sa démocratie très en avance pour l’époque auront eu un impact direct sur le quotidien des habitants comme on peut le voir par ailleurs au sujet de l’éducation ou de la gestion des forêts.


Exemple de délibérations

Délibérations signées par Joseph BARNEOUD, consul et Jean Simon BARNEOUD conseiller de Puy-Saint-André en 1704. Délibérations signées par Joseph BARNEOUD, consul et Jean Simon BARNEOUD conseiller de Puy-Saint-André (23/05/1704)


Ediles de Puy-Saint-André


Consul moderne, consul jadis, officier public, adjoint, agent, maire...
Pendant longtemps, la charge de représentant de la population a été...bénévole. Cela explique les nombreux désistements. Mais à la fin, il en faut bien un.
Ci-dessous la liste des individus, appartenants à l'arbre généalogique et identifiés comme représentant des habitants de Puy-Saint-André:
Cette liste, non exhaustive, est établie à partir des documents d'état civil acessibles via les Archives départementales des Hautes-Alpes et se base sur le travail de référencement effectué dans le livre "Un de Puy-Saint-André". Avant la révolution, il est plus difficile d'identifier ces acteurs car le rôle d'état civil est tenu par le clergé.




Cadastre Puy-Saint-André

Cadastre Puy-Saint-André


Photos de Puy-Saint-André


Vue aérienne de Puy-Saint-André en 1980

Vue aérienne de Puy-Saint-André en 1980
photo : Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général


Vue aérienne de Puy-Saint-André en 1980

Vue aérienne de Puy-Saint-André en 1980
photo : Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général


Vue aérienne de Puy-Saint-André en 1980

Vue aérienne de Puy-Saint-André


Puy-Saint-André en 1960, avant la réalisation de la place Violin


Ci-contre, Puy Chalvin (1940), toutes les maisons sont encore visibles mais vétustes, à droite de la photo : Marie BARNEOUD FERRET
La partie centrale de Puy Chalvin (située en contrebas de la chapelle) a disparu faute de restaurations en temps voulu. Puy Chalvin était un hameau tellement pauvre que certains habitants comme Marie Rose Pauline FAURE GEORS ont du déménager à Puy-Saint-André. Leurs maisons devenaient gravement dangereuses faute de restauration. Il était souvent strictement interdit de s'aventurer sur les balcons en vieux bois de mélèze!
Puy Chalvin est resté une période habité que par un seul habitant: Monsieur François Alexandre FERRUS, retraité des douanes (1900-1987). Dans les années 1980 il restait le seul habitant du hameau.
Après l'incendie de 1927, la reconstruction du Chef lieu a du servir comme une restauration forcée. Alors que Puy Chalvin bien que non sinistré par le feu est resté sinistré par le manque de moyens financiers... Ce qui explique la disparition de plusieurs maisons, elles se sont effondrées dans les années 1950 - 1960.


1951 Champs moissonnés de derrière le puy

Puy-Saint-André (1951)


1970 Puy-Saint-André

Puy-Saint-André (1970)


Puy-Saint-André (1977)

Puy-Saint-André (1977)


Puy-Saint-André. Vue aérienne rapprochée prise du sud (1982)

Vue aérienne de Puy-Saint-André (1982)
photo : Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général


1985 Puy-Saint-André

Puy-Saint-André (1985)


1982 L'école de Puy-Saint-André. Vue prise de l'est

L'école de Puy-Saint-André (1982)
photo : Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général


1982 Puy-Saint-André La rue principale. Vue prise vers l'est en mars 1982

Puy-Saint-André (1982)
photo : Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général